Papillons

Papillon5Cœur en jachère
Silencieux mais fertile
Éternellement ouvert
Hospitalier
Aux mouvements d’agitation
De tressaillements
Des petits papillons
 
Sentir leurs battements d’ailes
Au creux du ventre
 
D’éboulis en glissements de peau
De chavirements en chatouillements
Le corps faiblit
Tête embrumée
Le pouls s’emballe
Et débarquent les papillons
Chaque fois si fougueux
Dans leurs volées
Insoumis
Presque violents
 
Accueillir l’avalanche
Se laisser porter par le roulis
Pluie de papillons fous
Qui liquéfient ma raison
Autant que mes jours sombres
 
Vous sentir parfois si loin
Derrière l’attente
Les espoirs chagrins de flairer votre approche
D’encaisser le coup de poing d’un sourire
À travers le voile lumineux de vos ailes
 
Fleurir ma vie
Rosir ma bouche
Malgré les longues heures à pleurer le vide
Toutes ces années
Sans signe de votre arrivée
 
Brûlants
Invincibles papillons
Je ferai de vous ma religion
 
En vos frémissements
Je placerai ma foi
Pour votre avènement
Je réciterai prières
 
Sous l’effet de votre puissance
Je délierai mes bras
Et n’ouvrirai les yeux
Que pour être aveuglée
Guidée
Confiante
Par le bruit excitant
Du frottement de vos ailes
Qui effritent au passage
Les fortifications de ce cœur païen
Qui ne croyait plus à l’envol
 
***
« Le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte l’escalier ». Georges Clemenceau
kamouraska
 
 
(Photos: Jardin des papillons de Grevenmacher-2. Didier
Photo de l’actrice Geneviève Bujold, tirée du film Kamouraska de Claude Jutras)
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7 réflexions sur “Papillons

  1. Encore une fois vous vous surpassez ! Vous le faites exprès ou quoi ?

    Et Geneviève Bujold. Ce qu’elle était belle celle-là. Saviez-vous que c’était le premier choix du réalisateur de la série culte « Star Treck; the New Génération » pour devenir le-la commandant-e du vaisseau Entreprise en tant que Commandant Picard en lieu et place de Patrick Stewart ? Elle a refusée.

    Il voulait une femme, il aurait dû insister. Me semble que c’est guidé par une femme qu’il faut visiter l’Univers.

    Et puis voici, puisque vous semblez aimez les anecdotes sur les bouleaux de la Mingan qui baignent dans le sirop d’érable local… À l’époque du tournage de Kamouraska, l’ange Bujold ci- haut en beauté et le chanteur Claude Gauthier (« Le plus beau voyage », une superbe définition de cette terre en 4 minutes), sont jeunes, fous et éperdument amoureux. Alors le Claude lui écrira ce que je considère une des plus belles (Ok, c’est mon jour de superlatifs, les plaintes au Bureau des Plaintes et laissez-moi finir !) ballades d’amour qui soit: « Geneviève ».

    Faut être amoureux fort pour écrire quelque chose comme ça.

    Vous parliez de papillons, elle m’en donne à l’âme celle-là. C’est fou le pouvoir des mots et de quelques notes.

    Qu’est-ce que je disais déjà ?

    Ah oui, encore une fois vous vous surpassez: vous le faites exprès ou quoi ?

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    1. Zouuuuk! Mon appétit pour ce genre d’anecdotes est sans fond!
      Évidemment que je suis allée écouter la dite chanson, que je ne connaissais pas d’ailleurs…bijou bijou bijou….et évidemment que j’ai passé près d’une heure à réécouter le Claude dans ses plus beaux mots et voyages… et des extraits de Kamouraska avec la grandiose Geneviève… et des extraits de « Entre la mer et l’eau douce » avec les deux amoureux….
      Merci Zouk. Ce fût la plus jolie des heures perdues de ma journée.

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  2. Papillon, tu es volage
    Tu ressembles à mon amant
    L’amour est un badinage
    L’amour est un passe-temps
    Quand j’ai mon amant
    J’ai le cœur content.

    Croyez-vous, mademoiselle,
    Que je viens ici pour vous?
    J’en ai d’autres à ma demande
    Qui sont plus belles que vous
    Croyez-moi, mam’zelle
    Je me ris de vous.

    Monsieur, pour d’ingratitude,
    Votre cœur n’en manque pas
    Vous avez souvent l’habitude
    Bien souvent de changer d’appât
    Croyez-moi, monsieur,
    N’y revenez pas.

    Croyez-vous, mademoiselle,
    Que je pense de revenir?
    J’estime mieux vider bouteille
    Avec un de mes amis
    Adieu mes amours
    Adieu mes plaisirs.

    Si l’amour avait des ailes
    Comme toi, beau papillon
    Il irait de ville en ville
    Pour rejoindre mon amant
    Lui faire à savoir
    De mes compliments.

    – De France, bien autrefois.

    Bravo ! Quelle plume pour de si beaux papillons !

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