Une pluie la nuit

 
Il y a la moiteur des draps sous mon corps immobile
L’air dense de cette chaude nuit d’été
L’obscurité trouble de la chambre close
Où s’escriment au plafond les fantômes vagabonds de mes insomnies
 
Mais surtout
Il y a le concert de la pluie qui n’en finit plus de me griser
Et les battements de mon cœur
Qui n’en guérit plus de s’emballer
 
Vivement que cette ondée purifie mon corps de ses faiblesses
Qu’elle abreuve mon âme de sa fluide limpidité
Engloutisse en son torrent tous les regrets d’une vie
Tous les soupirs stériles
Les mots inutiles
 
Une pluie la nuit
C’est la promesse de jours fertiles
L’annonce d’un matin lessivé des cendres de la veille
Qui souillaient et encrassaient le rouage de nos corps enchaînés
 
Prestement que cette averse liquéfie la chape de glace qui me retient en son silence
Qu’elle nourrisse l’insatiable pouls de la vie qui constamment cherche à exploser sous ma peau
Et apaise la brûlure de tes yeux plantés dans les miens
 
Cette eau que le ciel déverse sur mon humeur chagrine
Qu’est-ce donc sinon l’offrande réparatrice de la vie ?
Et qu’est-ce que ma vie sinon l’amour ?
 
Ces gouttes de pluie tiède échouent sur mes cils
En échange des milliards de larmes non versées
Pour absoudre mes yeux trop souvent demeurés secs face à la souffrance
La tienne surtout
 
Je veux danser sous ce débordement des nuages
Faire gicler cette eau de mes pieds nus
La boire de tous mes pores
La sentir couler sur ma nuque
Et embuer mon regard
 
Voir ton sourire à travers ce rideau de flotte
Deviner ton excitation par le gonflement de tes veines
 
Que l’ondée nocturne me rappelle à la force de la vie
Que ces larmes du ciel cautérisent nos blessures
Et que toutes ces fleurs abattues mais vivantes m’enseignent à accueillir la pluie
Avant de pivoter vers le soleil
 
***
 
« Comme les ruisseaux et les plantes, les âmes ont besoin de la pluie, mais d’une autre sorte: l’espoir, la foi, la raison de vivre. 
Sinon, même si le corps continue à vivre, l’âme dépérit. » ~ Paulo Coelho 
Publicités

11 réflexions sur “Une pluie la nuit

  1. je dépéris, je pleure sur cette pluie qui n’en fini pas de tomber… Quand cessera t-elle de mouiller mon âme ?Je sais que tu me lis dans l’ombre, alors je viens à la lumière pleurer sur ta page blanche… Je suis mal et mon corps est meurtrie de blessures que je voudrais invisible. Je t’écris et je pleure de nouveau, bizarre de te dire tout ça.
    Je lis et relis ce texte magnifique, que te dire Insomniaque… Merci.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s